Hanami remet sur la table une idée née en 1998 avec Samouraï, de Reiner Knizia, en la transportant dans un Japon printanier. Ici, il ne s’agit pas de refaire l’histoire : les joueurs visitent des parcs et cherchent à célébrer le printemps en récoltant fleurs de cerisier, lanternes et onigiri, ces boulettes de riz farcies ou non. De quoi donner à une soirée jeux un petit parfum de sakura — sans obliger mes collègues d’open space à réserver un vol pour Tokyo.
Le principe à retenir est simple : encercler une case contenant des jetons pour la remporter, puis accumuler les gros jetons. Mais comme souvent chez Knizia, la simplicité de l’objectif ne signifie pas que chaque pose de tuile est tranquille comme une promenade sous les cerisiers.
Hanami : les éléments de jeu en bref
Le plateau représente l’archipel japonais sur une face et Tokyo sur l’autre. Il est découpé en hexagones, c’est-à-dire en cases à six côtés, sur lesquels se construit la partie.
Chaque joueur ou joueuse dispose de vingt tuiles hexagonales. Elles montrent :
- l’un des trois symboles correspondant aux types de jetons à récupérer ;
- ou un chat, qui sert de joker, c’est-à-dire qu’il peut compter à la place d’un autre symbole ;
- un nombre allant de un à quatre, indiquant la puissance de la tuile.
Des tuiles spéciales viennent aussi modifier les possibilités de jeu. Certaines permettent notamment de déplacer ou de copier. Ce sont ces actions particulières qui peuvent faire dévier un plan qui semblait très propre deux tours plus tôt. Le genre de moment où l’on repose son café, regarde le plateau, puis comprend que son voisin vient de transformer une jolie balade printanière en problème très personnel.
Comment récupérer les jetons dans Hanami
Le cœur de Hanami repose sur l’encerclement. Lorsqu’une case contenant des jetons est entourée, chaque joueur compte les symboles identiques — ou les jokers — présents sur les tuiles adjacentes, c’est-à-dire placées juste à côté de cette case.
Le total le plus élevé remporte le ou les jetons présents sur la case. Cette résolution donne tout son poids au placement : il ne suffit pas de poser une tuile près d’un objectif, encore faut-il qu’elle participe au bon décompte au bon moment.
En cas d’égalité, personne ne repart immédiatement avec le jeton. Il est déplacé dans une zone dédiée du plateau, appelée ici zone d’égalité. Cette règle évite qu’un duel serré soit expédié par un partage artificiel : le jeton reste en jeu, avec la promesse d’un nouvel affrontement plus tard.
C’est un détail que j’aime bien en animation : autour de la table, les égalités créent rarement du silence. Elles installent plutôt cette petite tension très saine où chacun recalcule mentalement ses options, tout en faisant semblant de ne pas surveiller la tuile adverse.
Quand la partie de Hanami s’arrête-t-elle ?
Deux situations mettent fin à la partie :
- tous les jetons d’un même type ont été capturés ;
- quatre jetons, quels que soient leurs types, se trouvent dans la zone d’égalité.
La victoire revient ensuite à la personne qui a accumulé le plus de gros jetons. Le jeu ne demande donc pas seulement de gagner des jetons : leur importance compte également au moment du résultat final.
Cette double condition de fin donne une vraie valeur aux jetons qui quittent le plateau sans être attribués. Les égalités ne sont pas juste un contretemps de règles ; elles participent aussi au rythme de la partie et peuvent rapprocher sa conclusion.
Un contrôle de territoire avec une part d’incertitude
Hanami reprend un système de contrôle de territoire, c’est-à-dire une lutte pour imposer sa présence autour des espaces importants du plateau. La pose des tuiles construit progressivement ces rapports de force autour des cases à jetons.
Le jeu conserve aussi une part de hasard liée au tirage à l’aveugle des tuiles. On doit donc composer avec ce qui arrive en main, plutôt que dérouler une séquence entièrement préparée. Les tuiles spéciales de déplacement ou de copie élargissent encore les possibilités au moment de choisir son placement.
Hanami est ainsi présenté comme une réimplémentation améliorée de Samouraï, avec une nouvelle mise en scène centrée sur les cerisiers, les lanternes et les onigiri. Pour les joueurs qui aiment voir un plateau se refermer peu à peu autour de ses objectifs, c’est le genre de partie où une simple tuile peut soudain avoir beaucoup plus de poids qu’elle n’en avait l’air. Ma pile de jeux à ouvrir n’en avait vraiment pas besoin, mais elle vient peut-être de gagner un nouveau voisin.
