Tu as sans doute vu passer l’énorme info qui secoue la planète jeu de société depuis quelques jours, mais il faut qu’on en parle vraiment. Sérieusement, ce qui vient de se passer chez Leder Games (oui, les génies derrière Root et Arcs), ça dépasse la fiction.
Leur prochain gros lancement sur Kickstarter, le jeu de braquage tant attendu, sobrement intitulé Take, devait démarrer avec un énorme buzz. On parle de près de 8 700 personnes déjà abonnées à la page de pré-lancement, prêtes à dégainer la carte bleue pour soutenir le nouveau bébé de l’éditeur star.
Un Twist Digne d’Hollywood
Imagine la scène : le 9 décembre 2025, à quelques heures du décompte final avant l’ouverture de la campagne… Boom ! Leder Games annonce l’annulation pure et simple. Ce n’est pas un problème de coûts de production qui explosent, ni un retard bête et méchant. C’est un coup de théâtre qui change la donne.
Le communiqué officiel est arrivé comme un pavé dans la mare, avec une transparence presque choquante pour l’industrie :
« L’auteur de Take, Ted [Caya], a décidé de quitter le studio pour se lancer dans sa prochaine grande aventure. Il emmènera Take avec lui. De ce fait, nous annulons cette campagne de financement. »
L’auteur, Ted Caya (qui était aussi Directeur des Opérations chez eux, ce qui ajoute une couche de drama !), a fait ses valises et est parti avec le jeu. L’ironie est juste totale. Le jeu s’appelait Take (Prendre, Butin, Saisir…) et il a été littéralement pris par son propre créateur. C’est une performance méta-ludique qui ferait pâlir n’importe quel scénariste.
La Chute d’un mouvement… ou d’une vision ?
Franchement, voir un éditeur de cette trempe, une véritable machine de guerre créative, se faire « braquer » de la sorte, c’est du jamais vu. Habituellement, les annulations de Kickstarter, on en voit des tas, mais c’est pour des raisons logistiques ou financières : projet qui n’atteint pas son objectif, coûts de livraison irréalistes, ou campagne relancée pour cause de mauvaise stratégie marketing.
Ici, on est sur une rupture créative et personnelle. On peut saluer la franchise de Leder Games, qui aurait pu essayer de négocier, de garder le jeu en changeant les auteurs ou en le repoussant. Mais non. Ils ont reconnu que le jeu était intrinsèquement lié à la vision de Ted Caya. C’est une marque de respect pour l’artiste, certes, mais c’est aussi un choc pour les fans qui attendaient une nouvelle pépite avec le coup de crayon légendaire de Kyle Ferrin (l’illustrateur de Root).
Car c’est là que le bât blesse : sans Leder Games, sans leur production huilée et surtout sans la direction artistique reconnaissable entre mille qui faisait le charme de Root, Take risque d’être un jeu très différent. Son futur est désormais incertain. Ted Caya peut se tourner vers un autre éditeur ou s’auto-éditer, mais la perte de la « griffe Leder » est une grosse déception pour les 8 700 suiveurs.
C’est un rappel brutal : même si un jeu est annoncé, même si un Kickstarter est imminent, le destin d’un projet repose sur l’humain, les contrats… et la loyauté.
Le revers de la médaille : La faillite qui rappelle la fragilité du système
En parlant de financement participatif et de mauvaise nouvelle, cette affaire Take est survenue presque en même temps qu’une autre histoire qui, elle, est bien plus sombre et bien plus grave pour les backers.
Juste avant la nouvelle de Leder Games, on a appris la liquidation officielle de Mythic Games.
Tu te souviens de Mythic Games ? C’était l’un des poids lourds de la figurine et des jeux à forte production, notamment avec des projets monstres comme le jeu de plateau Darkest Dungeon, 6: Siege ou Joan of Arc.
Le truc avec Mythic, c’est que l’éditeur était englué dans des problèmes financiers depuis des mois. Ils avaient levé des millions et des millions d’euros sur Kickstarter pour financer leurs jeux, mais n’arrivaient plus à livrer leurs promesses. Des milliers de backers attendaient encore leurs boîtes, et la fin a été brutale : la liquidation, c’est-à-dire la mort de l’entreprise.
Pourquoi ces deux news sont liées ?
Elles montrent les deux faces du risque sur Kickstarter en 2025.
- Le cas Take (Leder Games) : Le risque créatif et personnel. C’est la surprise, la rupture artistique de dernière minute. Personne ne perd d’argent ici (la campagne n’avait pas démarré, aucune carte n’a été débitée), mais c’est une déception massive pour la communauté.
- Le cas Mythic Games : Le risque financier et industriel. C’est le cauchemar du backer. Des promesses non tenues, des millions d’euros partis en fumée, et la quasi-certitude que les jeux ne seront jamais livrés. C’est le côté sombre et alarmant du modèle qui, par sa nature, demande aux joueurs de financer une entreprise et non d’acheter un produit fini.
Moralité ? L’univers du financement participatif est plus que jamais une jungle. Entre les rebondissements façon télénovela créative et les faillites qui laissent des milliers de joueurs sur le carreau, chaque pledge est une petite aventure en soi. Ça rappelle qu’il faut toujours bien choisir ses projets et surtout, ses éditeurs.
Maintenant, la vraie question est : Ted Caya va-t-il réussir à relancer Take ailleurs, ou ce « braquage » restera-t-il le coup de maître d’un jeu qui n’aura jamais vu le jour ?
Affaire à suivre !
